Le projet
Paysagistes concepteurs, nous avons conçu le jardin et la gestion des eaux pluviales de ce campus de bureaux. Au cœur de l’île de Nantes, le projet « Petit Guillouard » prend place sur une friche industrielle emblématique : l’ancien îlot des entrepôts SIFLA, face à l’usine Guillouard, aux sols pollués par les activités de la métallurgie. Enchâssé dans un tissu de faubourg aux enchevêtrements bâtis complexes, le programme accueille 4 156 m² de bureaux répartis en trois bâtiments, organisés autour d’une rue privée et d’un bâtiment ancien conservé.
Bordant le boulevard des Martyrs Nantais de la Résistance, axe structurant de l’île, le projet est suivi avec attention par les élus nantais et la SAMOA, aménageur de l’île de Nantes. Il s’inscrit dans le cadre du PLUm de la Métropole, qui mesure la part du vivant dans chaque parcelle par un coefficient de biotope par surface (CBS) ), et dans la dynamique de renouvellement urbain de l’île de Nantes
Notre réponse
Un jardin de faubourg. Le jardin est organisé pour accueillir les usagers et créer un cadre ombragé, véritable îlot de fraîcheur pour les salariés. Il se glisse entre les bâtiments, en prolongement de la rue privée, et multiplie les seuils entre l’espace public et les lieux de travail. Sa structure imperceptible répond à deux enjeux forts : le sol et l’eau.
Entre mémoire industrielle et gestion de la dépollution. Une partie du sous-sol, polluée par les décennies d’activités métallurgiques, est traitée et confinée. Le jardin se construit sur cette mémoire : chaque intervention dans le sol est pensée pour isoler les terres impactées et offrir aux plantations un milieu sain.
La pluie, ressource du jardin. Sur cette friche autrefois imperméabilisée, la majorité du jardin est traitée comme un sol éponge : la désimperméabilisation rend au sol sa capacité d’infiltration, principe clé de la gestion intégrée des eaux pluviales. Les eaux des toitures des trois bâtiments rejoignent le jardin à ciel ouvert. Elles sont recueillies dans 100 m² de noues — des dépressions végétalisées peu profondes — de 30 cm de profondeur, qui stockent près de 26 m³ avant un rejet régulé vers le réseau : le débit de sortie est limité pour soulager les canalisations lors des orages. Sous les cheminements, un casier de 50 m², rempli de 24 m³ de ballast de béton recyclé, infiltre les eaux sans aucun raccordement au réseau. L’eau reste sur place et alimente le développement de la canopée végétale.
L’économie circulaire pour fabriquer les sols. Le projet articule construction neuve et bâtiment ancien conservé. Les sols du jardin assurent la continuité entre ces ambiances : le calepinage des matériaux, tout en monochromie, met en scène des matériaux de remploi issus du site ou de ses abords — pavés de grès, dalles de béton déposées, concassé de béton. Perméable, cet ensemble participe à l’infiltration des eaux pluviales. Le béton du site trouve une seconde vie, en surface comme en profondeur.
Biodiversité, un biotope mesuré. Le coefficient de biotope par surface (CBS) du PLUm pondère chaque surface selon sa valeur écologique. Le projet privilégie les surfaces les plus performantes : la pleine terre plantée, libre de toute construction en sous-sol ; les noues ; les revêtements perméables des cheminements ; les jardins plantés sur les terrasses, sur 40 cm de substrat.